6e capsule
Le Festival du grilled-cheeze
Chling chling….. Chling chling….
Bruit retentissant de cannettes au vent, suspendues aux arbres de la Place du Marché. On annonce un Festival dans notre cheezy-quartier. Foire ouverte aux habitants de la saison. Kiosques de talents maison.
Une virée au village en vélo. Délaisser mes poignées… Rouler….rouler… Mes ongles à la bouche. Coupés en rondins… En déchets biodégradables sur le bord du chemin. Puis une pensée-souvenir qui défrise mes boudins..…. Triste sourire en coin…. Le Festival du grilled-cheeze de mon ancien patelin. C’était tout sauf anodin… Une fierté de mon défunt faubourg. Le fromage-à -trous-puant en valait le détour. Le gluant grilled-cheeze de chez Denise, une expérience exquise. Un produit garanti. Un follow-spot culinaire sur la mappemonde entière... Pour ce produit du terroir, une canonisation immonde. Mais éphémère…
Les sandwichs à Denise n’ont pas fait le poids. L’usine a fermé. L’espace d’un mois. Les trous dans le fromage sont devenus des trous dans nos bas. Migration massive. Papa-papier-qualifié-pour-nous-sauver. Offre-d’emplois. Paqueter et planter son drapeau ailleurs…. Ici. Le nouveau là -bas.
Trève de balivernes….
Satisfaire ma curiosité pour ce carnaval de caserne. Me promener dans ce marché aux puces de la fierté municipale en vrac. Remplir mon sac… Rire dans ma rhubarbe des confitures préparées par la grand-mère du coin. Observer les participants du concours de claquette avec des fermiers en salopettes. Sympathiser envers les paniers de chaussettes-en-laine-de-mouton-tricotées-par-la-belle-sœur-du-boulanger-cousin-de-la-grand-mère-aux-confitures-machin-chouette.
Douce promenade en plein cœur du folklore-patrimoine. Au détour des brouettes…. Une surprise qui plane. Lui, là , devant les caravanes….Mon poète à casquette. Qui rappe les mêmes sornettes. Jolies rengaines. Mon rimeur déserteur. Porte-bonheur. Comme un trèfle à quatre deuils.
Sifflotant. Sa guitare sous le bras, à cheval sur ses roulettes alignées. Ce troubadour des temps modernes, baladin de mon quartier.
Se croiser. Se sourire. C’est assez.